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lundi 16 juillet 2012

Marie & Chloé : on ne lâche rien !

Le propre des luttes LGBT, de toutes les luttes, c'est qu'elles attirent en leur sein du bon, du très bon, et du mauvais, parfois très mauvais. Aujourd'hui n'a pas fait exception. On a vécu une journée riche, forte, comme une montagne russe d'émotions. Aujourd'hui, Marie et Chloé Avrillon passaient à la cour d'appel de Rennes dans le cas de leur demande de changement d'identité de Chloé, et du maintien de leur mariage en tant que personnes du même sexe.

D'abord, nous tenons a remercier chaleureusement, de tout notre coeur, de toute notre âme militante le Centre Gay et Lesbien de Rennes, et son président, Erwann le Hô, pour leur accueil plus que convivial au sein de leur locaux, et l'association &braiseZ personnifiée par Christophe Segard, qui nous a illuminé de sa bonne humeur. Cette journée de lutte, d'espoir et de militantisme pur fut d'une richesse folle grâce a ces gens EXCEPTIONNELS qui nous ont apporté sur tous les plans.

Marie et Chloé au CGL de Rennes. 


Nous n'étions pourtant pas beaucoup. Une poignée de fiers résistants, tels le village d'Asterix refusant l'invasion romaine, a tenir debout quoiqu'il se passe, et a espérer, malgré une société problématique, malgré une justice qui va a reculons et qui est décadente et obsolète, malgré la révolte qui nous anime lorsqu'on réalise que Marie et Chloé voient leur vie privée, intime débattue devant un tribunal, par des gens dont les idées et les neutralités de jugements sont plus que discutables. Imaginez vous une seule seconde toute votre existence, votre famille, votre couple disséqué pour le plaisir de démontrer que vous ne méritez ni votre mariage, ni votre genre de femme. Imaginez un seul instant la force et le courage qu'il faut pour supporter ça la tête haute.

Pendant que nous, le petit groupe d'irréductibles, tentions de poser une brique supplémentaire dans la construction de cette lutte pour l'égalité, lutte infinie et compliquée mais indispensable malgré la frustration et la sensation que si nous étions plus, les choses iraient plus vite, et que nous répondions aux quelques journalistes présents, Marie et Chloé affrontaient a nouveau la justice, comme si elles avaient fait quelque chose de mal. S'aimer, se supporter mutuellement, s'assumer et se battre pour leur famille...

Le genre féminin de Chloé, indéniable aux yeux du procureur, ne fut pas questionnée, cependant, la reconnaissance du mariage de Marie et Chloé qu'entraînerait la reconnaissance civile de Chloé est reconnue comme "trouble a l'ordre public". Oui, vous avez bien lu. Une femme qui aime une autre femme trouble l'ordre public. Par extension, il fut dit que si leur mariage était reconnu, elles auraient le droit d'adopter, ce qui fut aussi reconnu comme un autre trouble a l'ordre public. Trouble à l'ordre public.

A la sortie du tribunal, entre amertume et espoir. 


La décision de la justice sera connue le 16 Octobre. Quatre mois pour digérer, enterrer la sensation profonde d'injustice, de méchanceté presque gratuite, avant de savoir si la victoire est nôtre, ou non.

Parce qu'on ne parle pas que de la victoire de Marie, Chloé et leur trois enfants. On parle d'une victoire pour la communauté, pour les droits LGBT, pour l'égalité, pour tous. D'une vraie Victoire avec V majuscule pour l'évolution de cette société. Une vraie victoire pour le monde de demain, pour nos enfants, pour un futur meilleur. Pour cette fichue égalité dont on parle partout mais qu'on aimerait bien voir, nous, les millions de non-hétérosexuels, nous qui avons autant de droit à aimer, a fonder une famille, a choisir notre vie et notre couple. 


UNE CHOSE EST CERTAINE : NOUS NE LACHERONS RIEN. 



jeudi 28 juin 2012

'' Les invisibles ''


« Dis, maman, pourquoi je suis pas un garçon ? »

Pour beaucoup de personnes dans mon cas, il s'agit d'une (parfois de la première) question que l'on pose à nos parents. On sent déjà que notre corps ne nous convient pas, que quelque chose cloche, avec pourtant tout plein d'espoir et l'intime conviction que la prière et l'espérance puisse nous aider.. Même si à cet âge, si jeune soit-il, mettre un nom sur notre souffrance n'est pas du tout une évidence.

L'enfance, début du questionnement donc. Puis vient la puberté, avec son lot de mauvaises surprises. Pour nous, les règles et la poitrine. Dans mon cas, 10 ans … règles précoces et bonnet C. Incompréhension totale et rejet envers son propre corps. Des remarques des parents disant qu'une fille est faite pour avoir ces deux « machins » (que j'appelle tumeurs), sur le torse. Gros blocage et essai de faire avec, mais ce n'était juste pas possible. Me rappelle une anecdote où j'avais 8 ans, et me baladais dans le jardin. Rien n'était encore visible, mais je me suis bien fait pourrir par mes vieux parce que une « fille ne doit pas faire ça ». J'en ai pleuré longtemps, très longtemps, parce que je comprenais pas pourquoi on me le disait, surtout que comme je le répète, RIEN n'était visible encore.

Pourquoi moi ? Pourquoi mon développement ne s'est-il pas fait comme pour les autres garçons. Paraîtrait que je suis une femelle... Mouais … Gros handicap quand on se sent ptit mec depuis toujours, tu trouves pas ?

Adolescence, plus ou moins grande période de souffrance et de mise en danger de sa propre personne, peut-être dans l'espoir que la vie soit courte et que l'on n'aie plus à souffrir de ce corps qui n'est pas le notre.

Finalement, petit coup de pouce du destin. Une rencontre, une discussion. L'espoir renaît. Il existe un parcours médico-psychiatrique possible pour une « transformation » physique, puis un parcours judiciaire pour enfin se faire reconnaître tel que l'on est et a toujours été au plus profond de soi par les tribunaux, homme dans mon cas. Premiers achats de t-shirts compressifs, et la renaissance est immédiate. Un véritable bonheur.

Premier stress, premier coup de téléphone : le psychiatre. Il est présent pour vérifier qu'aucune pathologie psychiatrique délirante n'est présente. Puis, au bout d'un nombre variable de séances, délivre l'attestation pour que l'on puisse commencer la réassignation hormonale, le tout sous suivi endocrinologique poussé.

J'en suis pour le moment à cette étape. Mais devraient suivre deux opérations chirurgicales, mammectomie (autrement appelée mastectomie) et hystérectomie. Une fois le côté chirurgical terminé, on passera au côté juridique pour engager la procédure de changement d'état-civil.

Ah, oui, petit détail à la con. Parce que je bénéficie d'une ALD pour me faire rembourser au mieux tous les soins, je suis encore considéré comme un malade mental grave par la société. Alors que le psychiatre n'a rien décelé d'autre que seul la thérapie hormono-chirurgicale pouvait me venir en aide.

C'est ma petite histoire, mon parcours de vie. Comme celui de beaucoup d'autres personnes.
Cordialement, un FTM invisible.

mercredi 13 juin 2012

Rainbow Brest rejoint le festival de cinéma de Douarnenez !

Depuis trente-cinq ans, le festival du cinéma des minorités de Douarnenez a fait son petit bout de chemin est est aujourd'hui une manifestation culturelle bretonne d'importance et de taille. La ligne directrice du festival est d'informer, défendre, promouvoir et débattre sur les minorités, toutes les minorités. Au sein d'une programmation riche et variée de films et courts ou moyen métrages souvent méconnus du grand public, s'inscrivent des débats avec des intervenants et des invités, des ateliers de travail autour de thématiques proches de minorités, et des rencontres intimistes autour de parcours de vie et de témoignages.

Cette année, le festival se concentre sur les minorités hispaniques au travers de multiples prismes, et a décidé d'accorder une part importante a la question du genre et de l'identité sexuelle, au travers d'une sélection de petits bijoux du septième art (sélection non définitive, nous vous donnerons le programme complet du festival une fois que l'équipe autour de Eric Premel, directeur du festival, l'aura fixé). Par le biais d'Adeline Raymond et de Michel Descombes de HES (Homosexualité Et Socialisme) Finistère, qui connaissent l'association, nous avons été contactées afin d'organiser une réunion pour peut être, apporter notre contribution au festival.

La réunion a eu lieu hier soir, et nous sommes fières et ravies de pouvoir participer a ce très bel évènement, qui aura lieu du Vendredi 17 au Samedi 25 Août 2012. Eric Premel souhaitant étudier toute la question des genres, et du genre, et des recherches d'identité en général, nous rejoindront le festival pour participer a un débat, une palabre (petit déjeuners intimistes autour de témoignages personnels) et d'une journée de travail et de pensée sur le thème premier de la jeunesse (sujet à modifications).

Nous vous feront savoir le programme définitif lorsque nous l'auront, et Marie, Christine et Axelle, présentes hier soir, tiennent a remercier l'équipe et Eric pour leur extraordinaire ouverture d'esprit et leur travail fantastique, et nous sommes absolument ravies de pouvoir apporter notre petite brique a un très bel édifice !

http://www.festival-douarnenez.com/fr/35e_festival